EMOIS CREPUSCULAIRES
Je découvre l’automne
Après un long été,
Mes feuilles m’abandonnent,
Mon printemps est fané;
Là-bas l’hiver me toise,
Et m’appelle à grands cris,
Je vais payer l’ardoise
Des saisons de ma vie.
La lassitude me guette,
Mon crépuscule déjà,
Me déploie ses fenêtres,
J’y arrive à grands pas;
Et ma raison vacille
Dès le soleil couchant,
Se voilent mes pupilles,
Me reste-t-il le temps?
Le temps de voir renaître
De tous mes feux éteints,
La chanson du poète,
Qui me délivre enfin
De l’apathie profonde
Que le poids des ans induit,
Que sa verve féconde
Exalte mon esprit.
Voici mes retrouvailles
Avec mon vécu,
Je vide mes entrailles
A me mettre à nu;
Mes souvenirs s’égrennent,
Perles de chapelet,
Ma mémoire se déchaîne,
Miroir de mon passé.
Survivre ou disparaître,
Tel est le dilemne,
Ah! le cruel casse-tête,
Que la réponse vienne;
Ne pas finir en rade
Dans des eaux troublées,
Inventer la parade,
ET puis s’émanciper.
Je sens une joie nouvelle
S’installer dans mon coeur,
Me réchauffer les ailes,
Triompher de ma peur;
Comme l’oiseau frivole
Qui découvre la vie,
Je m’élève et m’envole
Jusqu’à mon infini.
Jusqu’à mon infini.
DROIT DANS MES GODASSES
Mille neuf cent quarante huit
Mes parents ont une idée:
« Pourquoi pas une fille. »
Même s’ils se sont plantés,
L’affaire a dû leur plaire,
Huit mois plus tard j’tétais
Déjà le sein de ma mère.
De mon éducation,
« Te roule pas dans la terre
Et mange pas comme un cochon. »
J’ai apprécié c’est sûr,
En découvrant le monde,
Le cuir chaud des ceintures,
Les baffes à la ronde.
FAIS DODO MON PETIT CRAPAUD. »
Où j’ai appris à lire,
En beaucoup plus de temps
Qu’il ne faut pour le dire;
Comme je n’étais pas
Pour les Mathématiques,
J’ai eu droit au piquet,
Au bonnet des bourriques.
Quand j’apprenais par coeur
Les tables d’addition,
Ben j’rêvais des rondeurs
De ma maîtresse d’école,
Bien roulée la tigresse,
J’lui massais les guiboles
En lui pinçant les fesses.
AÏE, AÏE, AÏE, OUILLE »
J’en bavais en permanence,
Quand fallait se farcir
Les Langues et les Sciences.
De collège en lycée
Je traînais la besace,
Sans trop savoir en fait
Que faire de ma carcasse.
Le coeur toujours en fête,
Mon chant de liberté
Un jour fut stoppé net,
Quand mes pas ont croisé
Les grands pas d’une belle,
Qui très vite m’a entraîné
Devant son paternel.
QUE J’EMPRUNTE VOTRE FILLE
NOUS PROMETTONS D’ÊTRE SAGES
COMME VOUS L’ETIEZ A NOTRE ÂGE
JUSTE AVANT LE MARIAGE. »
Le choix fut redoutable
Etre curé ou flic
Faire l’prof ou le comptable.
Après mûre réflexion,
En dépit du bon sens,
Mais avec conviction
J’enseignais les puissances
Bien droit dans mes godasses,
Lors j’ai tiré le rideau
Et j’ai laissé la place.
Au coeur de ma campagne,
Repos bien mérité,
Je chante « LA MONTAGNE »,
Pour mon poulailler. *
COMMENT PEUT-ON S’IMAGINER
EN VOYANT UN VOL D’HIRONDELLES,
QUE L’AUTOMNE VIENT D’ ARRIVER?«
EXTRAITS
1- Chanson traditionelle française
2- les cactus ( Jacques DUTRONC )
3- vous permettez monsieur ( Salvatore ADAMO )
4- la montagne ( Jean FERRAT )
* référence à la chanson » comme au poker » de Patrick ABRIAL
MARGUERITE
MARGUERITE
Elle voit le jour au mois d’Avril 1915, est la deuxième d’une lignée de quatre filles que le destin va prématurément séparer après la mort de leurs parents qui survient alors qu’elles sont encore toutes petites. A huit ans elle est donc confiée à un oncle qui l’élève dans des conditions pas toujours faciles. A dix neuf ans, elle rencontre celui qui va devenir son compagnon pour la vie. Ils auront pas moins de neuf enfants qu’ils entoureront du même amour. Le chef de famille s’en ira en Février 1987. Elle surmontera toutes les difficultés et s’en tirera fort bien. L’âge et la maladie feront leur oeuvre. Et en ce 21 du mois d’Août 2007, elle ne verra pas le soleil se coucher. Tout doucement, discrète et digne à l’image de toute sa vie, elle s’en est allée, le visage éclairé par ce sourire qui quittait rarement ses lèvres, retrouver ceux dont elle était séparée depuis trop longtemps, et avec lesquels elle n’a cessé de prier jusqu’à son dernier jour. Elle avait nom…
Nous étions huit à élever, ce ne fut pas une mince affaire,
Chaque jour se brisant à la tache,c’était sa croix jusqu’au calvaire,
Jamais plaintive cependant, seulement soucieuse quelques fois,
Sans cesse dévouée, attentionnée, elle a longtemps guidé nos pas
Les années s’écoulèrent, réglées au rythme des labeurs,
Les courses, le ménage, le repas qui se tenait toujours à l’heure,
Mais même si la bonne chair était rarement au rendez-vous,
Nous avions le pain de ses baisers quand nous grimpions sur ses genoux.
Lorsqu’une méchante fièvre, pour quelques temps nous clouait au lit
Elle savait nous réconforter, et de sa main amie,
Nous caressait le front, tendrement, en nous faisant apprendre
Les belles chansons d’autrefois que nous aimions entendre .
Son coeur était la fleur d’amour aux pétales que l’on partage,
« J’aime beaucoup, passionnément, à la folie », et d’avantage,
Comme la Sainte qu’à l’église nous invoquions dans nos prières,
Elle avait nom Marguerite et elle était notre mère.
Et lorsque le ciel l’appela, en ce jour d’Août ensoleillé,
Pour son voyage dans la lumière les anges l’ont accompagnée
Vers l’être cher qui fût notre père, et de sa vie, le compagnon,
Lequel l’avait précédé, je crois d’un peu plus de vingt ans.
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »
Ce vers de Lamartine me cingle, tel le fouet;
En traduisant l’absence il me rassure pourtant:
De là-haut, à tout instant, ma mère veille sur ses enfants.
Si le ciel m’ouvre ses portes quand j’aurai fini mon parcours,
Riche de ma vie, je m’envolerai avec les anges d’amour,
Et je sais bien qu’elle sera là à m’attendre bras ouverts
Pour bercer mon âme encore de ses doux chants, de ses prières.
Elle avait nom Marguerite et elle était ma mère.
DANS L’OMBRE DU SOUVENIR
Ils s’appelaient Marie-Thérèse, Elianne, Bernard et André. Ils avaient treize ou quatorze ans, respiraient la joie de vivre et portaient dans le coeur les espoirs d’une jeunesse sans cesse bousculée mais confiante en son avenir. L’Ecole était le catalyseur de leurs rêves et leurs aspirations. Et puis…en ce 10 Mars 1973, des espérances brisées dans la tourmente d’un cyclone dont le nom n’inspirait pourtant pas la méfiance: Lydie déversa sur l’ile ses tonnes de pluies qui gonflèrent les rivières, comme pour défier la nature .
Aux alentours de 14 heures ce samedi là, de la vingtaine d’enfants partis du Collège pour regagner leur domicile, quatre ne l’atteindront pas. Happés par le déluge, ils resteront à jamais scellés à ce pont sur la Ravine des Prunes qui aura écrit l’une des pages les plus douloureuses de l’Histoire de Cilaos.
Restent le souvenir, des visages rayonnants, un pont sur lequel des visiteurs s’arrêtent parfois et, par-dessus tout, les pleurs d’une mère que la détresse replie sur elle-même.
Le texte que voici a été écrit en 1977, à la mémoire de quatre de mes élèves injustement et prématurément arrachés à la vie. Ils s’appelaient…..
Dans l’ombre du souvenir,
Une mère pleure
Un enfant déchiqueté
Noyé dans sa peur.
Vingt peut-être à prendre la route
Pour rejoindre la maison,
Sans jamais le moindre doute
Qu’ils allaient y laisser des noms;
Sur le torrent d’écume riche,
Vont tenter de passer le pont;
Mais la chaîne, quand elle triche,
Peut libérer quatre maillons.
Entre les crocs du torrent,
Près du champ au nectar de fraise,
Sous l’orage de ses treize
Est tombée Marie Thérèse;
La nuit eut ce funeste appât
Auquel l’enfant se laissa prendre;
Et dans les folies du fracas,
L’âme au ciel s’en alla rendre.
Dans l’ombre du souvenir,
Une mère pleure
Un enfant déchiqueté
Noyé dans sa peur.
Puis le sort par caprice malsain
Choisit Bernard et puis André;
La tempête , pour apaiser sa faim,
L’un et l’autre va entraîner;
Ultimes souffles et cris déments
Sont étouffés dans le fleuve en rage,
L’écume blanche devient sang
Pour une noce, l’horrible carnage.
Dans la suite du cortège
Elianne rejoint ses compagnons;
Ainsi se referme le piège
Sur la fillette en perdition;
Pour la gloire du tragique pont,
Quatre noms gravés dans la pierre;
Enfants martyrs cherchez dans les vent
Un peu d’amour, une prière.
Dans l’ombre du souvenir,
Une mère pleure
Un enfant déchiqueté
Noyé dans sa peur.
Cette chanson a été diffusée à la télévision lors de l’émission « Le Petit Café », en 1978.
PETREL
Composée en 1995, rythme de séga et créole Réunionnais – celui que parlaient nos grand-pères et auquel nous tenons – cette chanson a été écrite pour l’Ecole de Mare-Sèche (CILAOS ILE DE LA REUNION), dans le cadre d’une campagne de protection du Pétrel de Barau, espèce endémique menacée.
De nombreuses actions de sensibilisation aux problèmes de la sauvegarde de cet oiseau sont menées par cette école depuis plus de quinze ans. Parents, élèves, enseignants, animateurs de quartiers,la population dans son ensemble est conviée à bousculer des habitudes ancrées depuis trop longtemps, frisant parfois le dédain pour cet animal, et à tout mettre en oeuvre pour sauver les quelques dizaines de spécimens restant, avant qu’il ne soit trop tard.
Laurie, qui a participé à la composition, était au CM2. Elle a eu l’idée du texte; les mots sont venus de son petit coeur d’enfant. Puissent-ils atteindre le nôtre adulte et amener la réflexion dans notre esprit.
Le texte initial racontait l’histoire d’un pétrel qui a connu bien des malheurs, et qui n’a pu être sauvé. Cela ne correspondait pas à la vision du jeune enfant dans sa démarche pour donner la vie. Son cheminement est de permettre à l’oiseau de survivre. Une fin plus heureuse a donc été imaginée par les élèves. Ils ont réécrit le troisième couplet
1ère version:
N’a un zoiseau té y voit pas clair,
L’était attiré par la lumière;
Et quand sa tête la cogn’ dans l’ poteau,
Li l’est tombé dessus l’ carreau;
Li l’a voulu reéssaye voler
Mes ses ptites z’ailes l’a reste fermées
Alors la peur la gagne à lu
Comme un pitié li l’a attendu
PETREL, PETREL,
Le ciel l’est bien trop haut
PETREL, PETREL,
Là-haut n’a d’autres zoizeaux
PETREL, PETREL,
Soleil l’est bien trop chaud
Pou in’ tit pétrel de Barau
Un band’ tit marmailles l’a ramasse à lu
Zot l’a voulu essaye sauv’ à lu
L’a mett’ in bague dessus son pied
Po donne à lu in identité
Et po rend’ à lu sa liberté
Zot l’a largué po faire voler
P’tit zoizeau té veut reste en l’air
Hélas li l’a tomb’ dans la mer.
PETREL, PETREL,
Z’ordui toué lé bien là-haut
PETREL, PETREL,
Z’ordui toué lé bien au chaud
PETREL, PETREL,
Le ciel c’est un berceau
Pou in’ tit pétrel de Barau
Mais dans la mer nana requins,
ça y pass’ pas par quatr’ chemins,
Pauvr’ tit pétrel n’a in’ l’a trappé
Et d’in coup d’langue li l’a avalé;
In seul’ plumme l’a rest’ su la mer
Qui ressemblait à in tit coeur
L’âme zoizeau l’a gagn’ monter
Et son histoire l’a raconté
PETREL, PETREL,
Z’ordui toué lé bien là-haut
PETREL, PETREL,
Z’ordui toué lé bien au chaud
PETREL, PETREL,
Le ciel c’est un berceau
Pou in’ tit pétrel de Barau
JE SUIS
Je suis roseau de la fable,
Sous la bourrasque je plie;
Du chêne indéracinable,
La SAGESSE, j’ai appris.
Je suis la mère qui gémit
Et se roule par terre,
Comme pour pousser son petit
A sortir de sa chair;
Je suis nu comme l’enfant,
Qui du haut de son lit,
Attend impassiblement
Que le monde lui sourit.
Attend impassiblement
Que le monde lui sourit.
Je suis l’adolescent,
L’ange dans la culbute,
Mais qui se donne aux démons,
Pour devenir adulte;
Je suis l’adulte sage
Qui cultive le rêve
S’agrippe à un mirage
Puis s’écrase sur la grève
S’agrippe à un mirage
Puis s’écrase sur la grève
Je suis ce vaste océan
Sur lequel rien ne luit,
Celui qui porte aux grands vents
Les plaintes de l’ennui;
Je suis la goelette,
Cible des ouragans;
Mais un jour la tempête
Aura brisé mon élan.
Mais un jour la tempête
Aura brisé mon élan.
Je suis roseau de la fable,
Sous la bourrasque je plie;
Du chêne indéracinable,
La SAGESSE, j’ai appris.
MES AMIS
J’ai voulu me revoir en reflet;
Mes pas m’ont ramené à mes vertes années,
Ma mémoire a dissipé l’oubli.
Et les yeux de tendresse embués,
Pour des sourires radieux, des regards échangés,
Mes amis, bienvenus mes amis.
Tant de joies partagées en chansons.
De mille visages clairs, de cheveux noirs ou blonds,
Ma guitare me dessine les contours.
De ces bals où je chantais l’amour
Le décor inchangé de ces instants trop courts
Ressurgit du fond de ma nuit
Mes souvenirs me reviennent en chansons;
Des histoires racontées, des grands rires éclatants
Ma guitare me dessine les contours.
Le reflet de mon âme apaisée,
Les sourires ravivés, les regards échangés,
Mes amis, bienvenus mes amis
DE L’AUTRE CÔTE DE LA FRONTIERE
LA TERRE A TOURNE SANS NOUS
Texte et musique: Roland FOLIO
BALADIN MON AMI
COEUR EN FRICHES
Ecartelé par un ciel trop lourd,
Ce vent de glace, le corps me laboure
Notre berceau s’est couvert de rides.
Ces longues années loin du village,
Ont pesé lourd, je suis revenu;
Mes yeux ne voient plus ce qu’ils ont vu,
Le temps je crois a égaré ses pages.
Ont teinté mes souvenirs;
J’ai les sens qui chavirent
Aux émois d’un coeur en friche.
L’herbe drue a grimpé bien haut,
Il y en a beaucoup plus qu’il n’en faut
Aux bêtes affamées des voisins.
Les pas ont déserté le sentier,
La vieille vigne a rejoint la terre;
Les fruits exquis ne feront plus l’affaire
Du cep dépouillé de sa fierté.
La table chêne a épousé l’ennui,
Où sont-ils donc, tous ces amis
Qui l’ont partagée bien des fois.
Ne passe plus une hirondelle,
Je sens s’assombrir ma raison;
Dieu qu’elle est triste notre maison,
Peut-être aussi qu’elle se rappelle.
Jaune rouille les feuilles sèches,
Ont teinté mes souvenirs;
J’ai les sens qui chavirent
Aux émois d’un coeur en friche.
Jaune rouille les feuilles sèches,
Ont teinté mes souvenirs;
Et je voudrais tant retenir
Ces émois dont mon coeur accouche.
JE TE DIRAI
Et lorsqu’il est tombé du nid,
Cherche une main, invente
Un autre port, un autre lit.
Je te dirai l’enfant qui naît,
Et pousse dans l’ombre des grands,
Découvre un peu de vérité
Au détour du moindre tourment.
De tout apprendre tu as le temps;
Je te dirai, abrite-toi,
La bonne chair à volonté,
Ceux qui ne sont pas du service,
Guettant les restes gaspillés;
Je te dirai ces hommes étranges
Qui jouent sur la vie et la mort,
Qu’aucun verdict ne dérange,
Et gagnent puisqu’ils sont les plus forts.
A l’instant même ou l’on s’éveille,
Ceux-là qui courrent sous les bombes
Et ne verront plus le soleil;
Je te dirai la terre fouillée
Par une pluie d’obus sanglants,
Que ses fils même n’ont épargnée,
Vibrante image du pardon.
Qui n’aura vu qu’un jour de gloire
Et dont tu es le fruit vivant
On ne choisit pas son histoire.
Je te dirai l’homme qui penche,
Ses plaintes où la sueur encore
Cultive un cri de délivrance,
Mais lutte encore devant la mort.
De tout apprendre il vient le temps;
Je te le dis écoute bien,
Il vente pour toi maintenant.
(diffusée sur TV Réunion en 1978 à l’émission » le petit café »)
A L’HORIZON TELLE UNE PLAINTE
ECHANGES
LES SPLENDEURS DU CIEL
Elle empoisonnait ma raison
Et mes yeux,
Son sourire bien éclaté,
Son corps de Vénus me rendaient
Bien fougueux
J’étais juste pour un p’tit rien,
Un p’tit frisson dessous sa main,
Fou furieux.
J’avais moi osé l’approcher,
Croyez-moi
A l’heure où la raison piétine
J’ai bien failli faire le signe
De la croix;
Puis quand la belle s’est retournée,
Comme figé je suis resté,
Et sans voix.
Et moi j’étais dans cette affaire
Embarqué;
« Bonjour » dis-je « excusez-moi,
Les carottes et les p’tits pois
Ce n’était certes pas ce langage
Qui allait m’échoir les gages
De la fée.
Qui vous laisse il faut le dire
Ebété;
Quand après le bras me prit,
Et son panier me tendit
S’il vous plaît;
Puis aux côtés de ma princesse,
Du temps, des prix en baisse
Je parlais.
Bientôt fûmes devant sa maison
Arrivés;
Quand son panier je lui rendis,
« Bien merci » qu’elle me fit,
« Attendez;
Mais il fait encore bien tôt,
Entrez donc venez prendre un pot
Vous voulez »
Moi j’avais accès au royaume
De ma reine;
L’histoire vit son apothéose,
Mais tout vous dire je ne l’ose,
De la scène,
Quand nous passâmes à l’essentiel,
Découvrîmes les splendeurs du ciel,
Le septième.
Cette chanson a été diffusée à la télévision lors de l’émission « Le Petit Café », en 1978.
DU ZELE NON PAS QUESTION
Le nez dans leur copie
Traquaient la géométrie:
Et quand l’un deux se lève,
La copie chiffonnée
Se retrouve au panier.
L’idée vire au succès,
Ensemble, bras croisés,
Se mirent à entonner:
De l’école
Raz le bol;
Nous on s’en fout,
Des devoirs
Y en a marre;
On n’est pas fous
Des leçons
Pas question
Non non non non non non ».
« Faut mettre le paquet »,
S’est mise à rigoler;
« J’veux bien être payée,
Mais astiquer l’parquet,
Faut pas me le demander »;
Vautrée dans un fauteuil,
Les jambes haut croisées,
S’est mise à entonner:
J’suis sage,
Pas d’ménage;
Moi je m’en fous,
Le balais
Aux fêlés,
Même pour des sous,
Le torchon
Pas question
Non non non non non non ».
Dans un coin du jardin
Coinçait la bulle un matin;
Je dis » voyons Julot,
Faut tondre le gazon
Tout autour de la maison »
S’étirant vaillamment,
La langue enfin déliée,
S’est mis à entonner:
Je n’fais rien
Et j’suis bien,
Moi je m’en fous,
Le boulot
Aux ballots,
Même pour des sous,
Le gazon,
Pas question
Non non non non non ».
Je reçus du patron
Cette recommandation;
Voici quelques registres,
Faudra les mettre à jour,
Qu’ils soient prêts à mon retour.
Je retrouvais l’sourire,
Sur moi faut pas compter,
Et je fus remercié.
De l’homme, dois-je le dire,
Je pensais le plus grand bien
Mais je connaissais l’refrain.
Le patron
Du bidon;
Moi je m’enfous,
Les papiers
Aux cinglés;
Même pour des sous,
Du zèle,
Non pas question.
Non non non non non ».