COUPS DE GRIFFES

COUPS DE GRIFFES

          Toute ressemblance avec des textes connus est naturellement voulue. Que l’auteur me pardonne. La verve de Georges BRASSENS est inégalable pour décrire des personnages et des situations les plus cocasses.



   PAULETTE

Quand elle a débarqué un matin chez nous la Paulette,
Tout’ raide sur ses guiboles, telle une autruche décharnée,
Avec son p’tit jupon qu’elle avait l’air con, ma mère
Avec son p’tit jupon
Qu’elle avait l’air con

Quand on lui a d’mandé ce qui l’avait amené la Paulette
« J’suis là pour le CFA puis je me casse vite fait, bien fait »
A renifler l’pognon qu’elle avait l’air con,
ma mère
A renifler l’pognon
Qu’elle avait l’air con

Quand on l’a entrainée au « bal la poussière » la Paulette
Deux trois p’tits coups dans l’nez, et la v’la à se trémousser
A tortiller l’croupion qu’elle avait l’air con,
ma mère
A tortiller l’croupion
Qu’elle avait l’air con.

Quand j’suis allé offrir mon amitié à la Paulette
La belle, la cruelle du postérieur m’a écarté
A taper du caisson qu’elle avait l’air con, ma mère
A taper du caisson
Qu’elle avait l’air con.


Quand l’un d’nous s’est dévoué pour se farcir la Paulette,
La belle, la sauterelle, experte s’est mise à hurler;
Avec ses « encore, c’est bon » qu’lle avait l’air con,
ma mère
Avec ses « encore, c’est bon »
Qu’lle avait l’air con.

Et quand j’irai chanter sa p’tite chanson à la Paulette,
La belle, la pauvre vieille c’est sûr en s’ra estomaquée
Un bouchon dans l’syphon, qu’elle aura l’air con,
ma mère
Un bouchon dans l’syphon,
Qu’elle aura l’air con.

     COLETTE

Quand Colette la vieille mégère
S’est prise d’amour fou pour les chats,
Elle eut vite rempli sa chaumière
D’ces bestioles là
Chats d’égout ou chats de gouttière,
Chat de tous poils passant par là
Ceux qu’avaient un vide alimentaire,
Premier choix

Et le soir après la prière,
Elle les fait grimper dans ses draps
Pour la chaleur hospitalière
De ses bras.
Un vieux mou séduit par la chose,
S’entêta à téter tant et puis
Ce qu’il fît vous dire je ne l’ose
Mais ça l’a ravie.
Quand Colette dévoilait son pelage
Pour donner une couche à ses chats,
Les matous, les matous du village
Etaient là,la la la…étaient là
Mais Colette dev’nue pingre avec l’âge,
Pas de boîte, pas de gras pour ses chats,
Affamés les matous du village
Tétaient là la la……Tétaient là
Puis un jour flairant l’affaire,
L’idée lui prit de changer de décor,
Elle voulut monayer son derrière
Au prix fort.
L’avocat, le gendarme, le notaire
Tout l’gratin local était là,
On prétend même que Monsieur l’Maire
S’y risqua.
Les matous ivres de colère
Ne lui pardonnèrent pas ce délit,
Pour s’venger s’émancipèrent
Dans son lit.
Un croquant venu le soir même
Se payer une tranche de bon temps,
Ne s’est rendu compte du problème
Qu’au dernier moment.
Quand Colette dévoilait son pelage
Pour offrir une virée à son gars,
Tous les chats, tous les chats du village;
Etaient là la la la.. étaient là
Mais Colette devenue myope avec l’âge
Ne pouvait jouir.. de ce tableau là,
Consolés, les matous du village
Chantaient la la la….
Dansaient la la la…..
Chantaient la la la….
Dansaient la la la…..


AUBADE POUR CAMELEONS (Roland – 1996)

Ce sont des animaux qui se caractérisent par la mobilité indépendante de leurs yeux, leur langue propulsable et leur capacité à changer de couleur.(WIKIPEDIA)
Les caméléons apparaîssent et se multiplient généralement là où l’instinct de survie les amène à muer, notamment sur le terrain de la politique politico-politicarde. Ils s’y ébattent allègrement en visitant toutes les teintes du spectre des couleurs. Que du bonheur!




Ecrevisses quatre saisons,
Rougets à l’occasion,
Anguilles prises à l’hameçon
Apprentis caméléons
Ah! l’amour est cerise
Pour ces décolorés,
Faux-culs dont la bêtise
Fleurit sur le fumier.
Ont troqué leur chemise
Pour quelques gros billets,
Car leur matière grise
Est dans leur porte-monnaie



LES CAME LES CAME  LES CAMELEONS
SE TOURNENT, SE RETOURNENT TOUJOURS AU GRE DES VENTS
LES CAME LES CAME LES CAMELEONS
DU VERT PALE AU ROUGE VIF VIRENT AVEC L’AIR DU TEMPS
MAIS LES CAMELEONS
N’ONT RIEN DANS LE CITRON TONTON,
N’ONT RIEN DANS LE CITRON.



Pour la neige en été…OUAIS
Noël au mois d’ juillet…OUAIS
Et pour leurs intérêts…OUAIS,
Belle unanimité
Ah! sont allés à l’école
Etudier la pratique
Et l’art du « cochon vole »
Pour séances publiques.
Mais lorsque leur idole
Leur aura fait la nique,
Se noieront dans la gnole
Et resteront bourriques.

Sont désormais passés maîtres
Dans l’art de faire la courbette,
et dans le rôle des girouettes
Sont d’inégalables vedettes;

Ah! leur déconfiture
S’épaissit chaque jour,
Ils n’ont pas fière allure
A vivre leur grand amour.
Et lorsque leur navire
Aura perdu le nord,
C’est une chose sûre,

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