REPERES

  Tout a commencé en 1965 dans notre petit village de Cilaos à l’Ile de la REUNION, à l’époque où les groupes se contentaient de trois guitares ( solo, ccompagnement et basse) et d’une batterie, à la manière des CHAUSSETTES NOIRES    d’ Eddy MITCHELL, des CHATS SAUVAGES de Dick RIVERS, des PIRATES de Dany LOGAN,.. Tous les noms de quadrupèdes ou de volatiles étaient passés en revue. Pour nous démarquer de la tendence, nous avons appelé notre petit orchestre  » The LOVERS ». Moins percutant mais plus romantique. 

                       
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                             
 
 
 
 
       La mode est alors à l’instrumental, le modèle mondialement reconnu étant » The SHADOWS ». Rappelez-vous ces titres devenus de véritables pièces de musée: Apache, Kon Tiki, Atlantis, FBI, Foot Tapper, Géronimo, Dakota, Peace Pipe, Shazam et des dizaines d’autres. Et puis il y eut aussi « THEME FOR YOUNG LOVERS » qui a été notre morceau d’ introduction à chaque soirée que nous animions. The SHADOWS a fait de nombreux émules   ( The VENTURES, The FINGERS,…).
 
 

   

   

            Ah! ce slow langoureux intitulé  » The Millionnaire » du groupe « The DAKOTAS », ou encore le non moins célèbre « Wheels » qu’interprétait un autre groupe nommé « Strings Along ». QUE DU TRES BON! Nous avions rendez-vous avec les bals du Samedi soir et les mariages. BELLE EPOQUE!


           « The LOVERS » était composé d’ Expédit PAYET(Guit Accomp.), Daniel GONTHIER (basse), d’Edmont PAYET dit « Mama » ( batterie), de Dany CORRE (batterie) et de moi-même(chant et guit solo). Le responsable du groupe s’appelait Simon LEBRETON, qui allait s’illuster dans une carrière politique    (Maire de Cilaos, Conseiller Général). La première photo de cette page est la seule que j’ai pu récupérer
       
            Séparation à la rentrée d’Août 1965, chacun des membres devant intégrer un lycée sur la côte. Pour moi ce fût l’Ecole Normale de Saint-Denis. Au mois de Janvier 1966, je rencontre trois musiciens de talent venus passer leurs vacances dans le cirque: Paul MAZAKA, excellent guitariste qui saura faire parler de lui, Guy JEANETTE, batteur expérimenté qui jouait dans un orchestre célèbre de l’île, Paul CELESTE, un talentueux bassiste. C’est le coup de foudre. Je décide de monter avec eux un nouvel orchestre dont j’ai oublié le nom – peut-être d’ailleurs qu’il n’en avait pas – pour animer les boums et soirées dansantes. A la fin des vacances le groupe se dissout. Mais ça a été vraiment formidable.
Toujours et encore les tubes des « SHADOWS ». Pour ma part, je tenais la guitare rythmique et je chantais « scandale dans la famille », « les moustaches », « monsieur cannibale »(Sacha DISTEL).

 

        Après une pause d’une année pour cause d’études, je me suis retrouvé avec d’autres musiciens pour animer des boums de vacances à Saint Leu en 1967. Au menu toujours « The Shadows » mais aussi du vocal avec les chansons de François Deguelt (  » On ne s’en va jamais des îles »,  » Le ciel, le soleil et la mer »,…), d’Adamo ( « La nuit », « Une mèche de cheveux »…)
       
        Retour à Cilaos en 1969, le bac en poche, pour former avec des copains l’orchestre de la MJC qui allait animer des soirées dansantes jusqu’en 1972.
Les membres du groupe: Antoine FONTAINE (orgue choeur), Jean Marc FONTAINE ( Basse, Chant, Choeur), Alain PAYET dit « Nounoute » ( Basse, Batterie, Chant), Alain et Lucien COURTOIS ( batterie), et encore moi ( guitare, chant). Une période riche. De très bons souvenirs. Je chantais alors les textes d’Alain BARRIERE (« Depuis Septembre », « L’avenir sans toi », « Si tu ne me revenais pas »…), de Danyel GERARD ( » Même un clown », « Butterfly »),mais aussi « Let it be  » des BEATLES, et des tubes de l’excellent CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL avec son chanteur John FOGERTY que j’ai eu le bonheur d’aller applaudir à l’Olympia en 2007 ( « Proud Mary », « Who’ll stop the rain », « Have you ever seen the rain », « Hey tonight »).                                                                                            

         Entre temps, en Juin 1971, lors d’un voyage au Kenya, en Tanzanie et à Madagascar organisé par les stagiaires de l’Ecole Normale de Saint-Denis, nous avons animé une soirée dans un Hôtel de Nairobi. Achille LEPERLIER, mon copain de chambrée prématurément disparu, et moi-même nous nous sommes partagés la scène. Des tubes tels que « Les cactus » de DUTRONC, « C’est extra » de FERRE, « Que serais-je sans toi  » de FERRAT, « Let it be » des BEATLES. Je me souviens d’ailleurs très bien de l’animateur de cet hôtel qui nous avait accompagné aux percussions, et chanté quelques ségas Sechélois. C’est au cours de cette soirée que j’ai entendu la chanson « MALAÎKA » pour la première fois. Elle m’avait beaucoup ému, d’autant que je vivais une expérience de voyage scolaire ennivrante et peu commune. J’ai donc acheté le disque à Nairobi. Depuis, je chante régulièrement MalaÏka. Inoubliable! 

 

 

 

 


 photo droite: Achille Leperlier en 1971 au Kenya




           
         Au début de l’année 1972,changement de style et changement de ton. Je rencontre celle qui va boulverser ma vie en acceptant de la partager, et mon univers musical en me faisant explorer un répertoire que j’avais jusqu’alors quelque peu ignoré. Répertoire interprété par les plus grands noms de la Chanson française. J’avais les larmes aux yeux en l’entendant chanter d’une voix suave « un p’tit coquelicot », un titre devenu célèbre grâce aux interprétations de MOULOUDJI ou du groupe LES SUNLIGHTS. A partir de ce moment, je me suis plongé dans la discographie de Jean FERRAT(elle connaissait tous ses titres), de Georges BRASSENS ( elle possédait toute une collection de 33 tours), mais aussi celle d’un certain Patrick ABRIAL( je connaissais un seul disque de cet artiste) et beaucoup d’autres.     

         

         Dans le collège où je commence la deuxième année de ma carrière d’enseignant, je fais la connaissance de collègues musiciens avec lesquels j’engage une fructueuse collaboration. Le groupe « Les Six Bémols » est alors créé. La joyeuse bande est composée d’André ARDISSON, véritable homme orchestre, (chant, guitare, banjo, violon, contrebasse, flûte, harpe, clarinette, accordéon, saxophone, et j’en oublie probablement), créateur et leader du groupe, Jean Claude LEBRAS, Antoine FONTAINE, Louis Marie BOSQUET, Jean François FONTENEAU et Roland FOLIO( chant, guitare, flûte, harmonica, clarinette) .Voir photo.

Cet éventail d’instruments magiques nous a logiquement conduit à choisir un répertoire essentiellement basé sur le folklore sous toutes ses formes.
        Voici quelques titres que nous avons arrangés et interprétés à diverses occasions:
-« il faut que je m’en aille », « Enmène-moi » de Graeme ALLWRIGHT.
-« Santiano », Fanny », « Des jonquilles aux derniers lilas », « le jour où le bateau viendra » (Dylan) d’Hugues AUFRAY.
-« Don’t pass me by » des BEATLES
-Des chansons traditionnelles françaises telles que « la fille du labouroux » ou  » le roi a fait battre tambour ».
-Du folklore Sud-Américain.
-Et beaucoup d’autres choses
Nous avons présenté des spectacles de fin d’année scolaire dans diverses écoles de Cilaos ( Collège, Petit Séminaire, Ecoles Primaires).

        Le groupe « Les Six Bémol » en 1972

      

 


Les membres du groupe:

Jean-Claude LEBRAS
    
Jean-François FONTENEAU
André ARDISSON

Louis-Marie BOUSQUET, 
Antoine FONTAINE  et Roland FOLIO
  
  


Le groupe devait se séparer au mois de Juillet pour causes du départ de certains membres, mais aussi de l’incompatibilité d’humeur qui couvait depuis un certain temps. Vu avec le recul, quel gâchis! Mais je retrouverai André ARDISSON quatre ans plus tard pour de nouvelles aventures musicales.

      De cette époque datent mes premières amours pour le folk et la country music, des genres que je vais particulièrement affectionner et adopter par la suite. 

     

        1973 et 1974 n’ont pas été des années très riches en termes de productions. Quelques apparitions çà et là, mais pas de réel projet. Bref deux années très calmes. 


       Au mois de mars 1975, une nouvelle expérience m’attend, décisive celle-là pour la suite de mon parcours. Nous sommes contactés( Antoine Fontaine, son frère Jean-Marc et moi)par Mémona Affejee, journaliste de renom à la télévision Réunionnaise, pour l’émission mensuelle de la chaîne: « Les Echos Des Ecarts ». Celle-ci doit se dérouler à Ilet à Cordes, écart de Cilaos réputé pour ses lentilles et son vin, mais aussi par l’exellente cuisine que ses habitants savent vous concocter. Des habitants dont la chaleur de l’accueil n’a d’égal que leur leur savoir faire.
        Nous récupérons un ancien du groupe « The lovers », le bassiste Daniel Gonthier, et avec ma compagne Chantal qui nous a rejoint nous préparons une animation musicale. Trois chansons sont au programme: « Pauvre Benoit » et « Allez mon troupeau » écrites par Hugues AUFRAY, mais aussi « L’espérance folle » de Guy BEART. L’émission, vue dans toute l’île, a eu un écho très favorable. Il paraît même que certains célibataires du groupe auraient reçu des lettres de téléspectatrices conquises, s’apparentant à de véritables déclarations d’amour. En tout cas, cet évènement m’aura parmi d’avoir des contacts avec des personnes qui influenceront considérablement mon style et mes choix musicaux.

     
       Au cours de l’été 75, nous participons à un spectacle dans la cantine de l’Ecole du Centre à Cilaos. Hubert Hess et son frère Bernard sont là aussi; et je me souviens bien qu’ils ont chanté « De passage », une chanson de Léonard COHEN adaptée en français par Graeme ALLWRIGHT.

        Cet épisode achevé, je m’intalle dès la rentrée de Septembre 1975 à Saint-Denis pour une année scolaire. Au cours de cette période,Je vais avoir l’occasion de cotoyer quelques pasionnés comme moi de la chanson, à la différence qu’il va s’agir de vrais professionnels: Michel BOUCHER mon professeur de musique du temps de mes années d’Ecole Normale, Daniel FROMENT dont je parlerai un peu plus tard et surtout Jacqueline FAREYROL que l’on ne présente plus.
        C’est à la fin d’une soirée veillée organisée par Annick ROUSSEAU, la Directrice du Centre de Formation des Professeurs de Collège, au cours de laquelle j’ai chanté « Songez que maintenant » et  » Les lumières se sont éteintes » de Frédérik MEY que Jacqueline vient me proposer de participer à une émission de télévision qu’elle prépare pour le 31 Décembre, afin de fêter la fin de l’année en musique.

     Naturellement je ne me fais pas prier, cette occasion étant pour moi une véritable aubaine. Rendez-vous est donc pris pour une répétition générale. Et puis c’est le grand soir; l’émission qui s’intitule « La Guitare Des Copains » offre aux télespectateurs un véritable bouquet de chansons poétiques et de musiques de virtuoses allant du folk au classique. Pour ma part je chante deux textes de Frédérik Mey, un auteur compositeur très interessant que j’affectionne encore aujourd’hui. M’accompagnant à la guitare, j’interprète « Songez-que maintenant »et « C’était une bonne année je crois ». Ce fût pour moi un moment fabuleux et inoubliable.

       Cette expérience va me donner suffisamment d’assurance pour me lancer dans des aventures musicales diversifiées.

        Comme je l’ai dit un peu plus haut, mon chemin croise à nouveau celui d’André ARDISSON, l’homme orchestre. Il a déjà formé un groupe nommé fort justement « Les ARDISSONETTES », composé de jeunes filles du Collège aux voix merveilleuses parfaitement entraînées, et qui l’accompagne dans ses activités musicales. Ce sera entre nous une longue et riche collaboration qui va durer jusqu’à son départ de la Réunion, en 1982. 
         Nous nous retouvons à l’Ecole Normale à l’invitation D’Annick ROUSSEAU pour la soirée veillée version 1976, au cours de laquelle je chante pour la première fois « La Fille du Nord », tube de Bob DYLAN adapté en français par Hugues AUFRAY.

          Dans la foulée, nous répondons présents à la fête de fin d’année de l’Ecole LEVAVASSEUR à Saint-Denis, pour quelques chansons dont « la Ballade de McDonald » de Jean-Michel CARADEC.
          Nous participons ensuite au spectacle « Au cabaret ce soir », où des artistes de toute l’Île viennent se produire sur la scène de la MJC de Saint-Pierre. Daniel FROMENT, véritable barde chantant, à la voix si savoureuse, se démène comme un beau diable pour faire de ces soirées des rendez-vous à ne pas manquer. Pari réussi puisque c’est salle comble à chaque fois. Pour ma première invitation, j’ai chanté  » Sébastien, Bruno et Benoît » de Jean HUMENRY, deux chansons de Frédérik MEY dont le titre « Tyrannie », et « Le sabre et le goupillon » de FERRAT.
           J ‘ai aussi accompagné Daniel FROMENT pour un vibrant hommage à BRASSENS(une dizaine de chansons) . Et puis ce fût un hommage à FERRAT lors de la soirée suivante, pour lequel Daniel et moi nous avons interprété à tour de rôle une bonne dizaine de chansons. J’ai pris beaucoup de plaisir aussi à accompagner à la guitare Gilberte MARY, une amie de Daniel, dans ses interprétations très réussies de certains textes d’Anne SYLVESTRE.
       

            Les petits plats ont été mis dans les grands pour la soirée finale organisée chez « Tit BARBE » dont l’établissement reste une référence pour les danseurs de toute l’île, plus particulièrement ceux du Sud. Je retrouve ce jour là Jules BENARD, journaliste connu et musicien hors pair, que j’avais perdu de vue depuis quelques années déjà. Il me fait l’honneur de m’accompagner pour deux chansons, et pendant qu’il gratifie le public de quelques phrasés guitaristiques chiadés à souhait, j’interprète »Mai 68″, une chanson de Jean-Michel CARADEC et à nouveau « Tyrannie » de F. MEY.

           Ainsi prend fin la première saison de spectacles  » Au cabaret ce soir »; il n’y en aura pas d’autre.

           1978. Place désormais au « Petit café », une émission de télévision qui propose chaque mois un plateau d’artistes qui interprètent leurs propres chansons. Je commence donc à écrire les miennes… et à les interpréter.

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