Tout a commencé en 1965 dans notre petit village de Cilaos à l’Ile de la REUNION, à l’époque où les groupes se contentaient de trois guitares ( solo, ccompagnement et basse) et d’une batterie, à la manière des CHAUSSETTES NOIRES d’ Eddy MITCHELL, des CHATS SAUVAGES de Dick RIVERS, des PIRATES de Dany LOGAN,.. Tous les noms de quadrupèdes ou de volatiles étaient passés en revue. Pour nous démarquer de la tendence, nous avons appelé notre petit orchestre » The LOVERS ». Moins percutant mais plus romantique.

Ah! ce slow langoureux intitulé » The Millionnaire » du groupe « The DAKOTAS », ou encore le non moins célèbre « Wheels » qu’interprétait un autre groupe nommé « Strings Along ». QUE DU TRES BON! Nous avions rendez-vous avec les bals du Samedi soir et les mariages. BELLE EPOQUE!
« The LOVERS » était composé d’ Expédit PAYET(Guit Accomp.), Daniel GONTHIER (basse), d’Edmont PAYET dit « Mama » ( batterie), de Dany CORRE (batterie) et de moi-même(chant et guit solo). Le responsable du groupe s’appelait Simon LEBRETON, qui allait s’illuster dans une carrière politique (Maire de Cilaos, Conseiller Général). La première photo de cette page est la seule que j’ai pu récupérer
Entre temps, en Juin 1971, lors d’un voyage au Kenya, en Tanzanie et à Madagascar organisé par les stagiaires de l’Ecole Normale de Saint-Denis, nous avons animé une soirée dans un Hôtel de Nairobi. Achille LEPERLIER, mon copain de chambrée prématurément disparu, et moi-même nous nous sommes partagés la scène. Des tubes tels que « Les cactus » de DUTRONC, « C’est extra » de FERRE, « Que serais-je sans toi » de FERRAT, « Let it be » des BEATLES. Je me souviens d’ailleurs très bien de l’animateur de cet hôtel qui nous avait accompagné aux percussions, et chanté quelques ségas Sechélois. C’est au cours de cette soirée que j’ai entendu la chanson « MALAÎKA » pour la première fois. Elle m’avait beaucoup ému, d’autant que je vivais une expérience de voyage scolaire ennivrante et peu commune. J’ai donc acheté le disque à Nairobi. Depuis, je chante régulièrement MalaÏka. Inoubliable!
photo droite: Achille Leperlier en 1971 au Kenya
Au début de l’année 1972,changement de style et changement de ton. Je rencontre celle qui va boulverser ma vie en acceptant de la partager, et mon univers musical en me faisant explorer un répertoire que j’avais jusqu’alors quelque peu ignoré. Répertoire interprété par les plus grands noms de la Chanson française. J’avais les larmes aux yeux en l’entendant chanter d’une voix suave « un p’tit coquelicot », un titre devenu célèbre grâce aux interprétations de MOULOUDJI ou du groupe LES SUNLIGHTS. A partir de ce moment, je me suis plongé dans la discographie de Jean FERRAT(elle connaissait tous ses titres), de Georges BRASSENS ( elle possédait toute une collection de 33 tours), mais aussi celle d’un certain Patrick ABRIAL( je connaissais un seul disque de cet artiste) et beaucoup d’autres.
Dans le collège où je commence la deuxième année de ma carrière d’enseignant, je fais la connaissance de collègues musiciens avec lesquels j’engage une fructueuse collaboration. Le groupe « Les Six Bémols » est alors créé. La joyeuse bande est composée d’André ARDISSON, véritable homme orchestre, (chant, guitare, banjo, violon, contrebasse, flûte, harpe, clarinette, accordéon, saxophone, et j’en oublie probablement), créateur et leader du groupe, Jean Claude LEBRAS, Antoine FONTAINE, Louis Marie BOSQUET, Jean François FONTENEAU et Roland FOLIO( chant, guitare, flûte, harmonica, clarinette) .Voir photo.
Le groupe « Les Six Bémol » en 1972


Les membres du groupe:
Jean-Claude LEBRAS
Jean-François FONTENEAU
André ARDISSON
Louis-Marie BOUSQUET,
Antoine FONTAINE et Roland FOLIO
Le groupe devait se séparer au mois de Juillet pour causes du départ de certains membres, mais aussi de l’incompatibilité d’humeur qui couvait depuis un certain temps. Vu avec le recul, quel gâchis! Mais je retrouverai André ARDISSON quatre ans plus tard pour de nouvelles aventures musicales.
Au mois de mars 1975, une nouvelle expérience m’attend, décisive celle-là pour la suite de mon parcours. Nous sommes contactés( Antoine Fontaine, son frère Jean-Marc et moi)par Mémona Affejee, journaliste de renom à la télévision Réunionnaise, pour l’émission mensuelle de la chaîne: « Les Echos Des Ecarts ». Celle-ci doit se dérouler à Ilet à Cordes, écart de Cilaos réputé pour ses lentilles et son vin, mais aussi par l’exellente cuisine que ses habitants savent vous concocter. Des habitants dont la chaleur de l’accueil n’a d’égal que leur leur savoir faire.
Au cours de l’été 75, nous participons à un spectacle dans la cantine de l’Ecole du Centre à Cilaos. Hubert Hess et son frère Bernard sont là aussi; et je me souviens bien qu’ils ont chanté « De passage », une chanson de Léonard COHEN adaptée en français par Graeme ALLWRIGHT.
Cet épisode achevé, je m’intalle dès la rentrée de Septembre 1975 à Saint-Denis pour une année scolaire. Au cours de cette période,Je vais avoir l’occasion de cotoyer quelques pasionnés comme moi de la chanson, à la différence qu’il va s’agir de vrais professionnels: Michel BOUCHER mon professeur de musique du temps de mes années d’Ecole Normale, Daniel FROMENT dont je parlerai un peu plus tard et surtout Jacqueline FAREYROL que l’on ne présente plus.
C’est à la fin d’une soirée veillée organisée par Annick ROUSSEAU, la Directrice du Centre de Formation des Professeurs de Collège, au cours de laquelle j’ai chanté « Songez que maintenant » et » Les lumières se sont éteintes » de Frédérik MEY que Jacqueline vient me proposer de participer à une émission de télévision qu’elle prépare pour le 31 Décembre, afin de fêter la fin de l’année en musique.
Naturellement je ne me fais pas prier, cette occasion étant pour moi une véritable aubaine. Rendez-vous est donc pris pour une répétition générale. Et puis c’est le grand soir; l’émission qui s’intitule « La Guitare Des Copains » offre aux télespectateurs un véritable bouquet de chansons poétiques et de musiques de virtuoses allant du folk au classique. Pour ma part je chante deux textes de Frédérik Mey, un auteur compositeur très interessant que j’affectionne encore aujourd’hui. M’accompagnant à la guitare, j’interprète « Songez-que maintenant »et « C’était une bonne année je crois ». Ce fût pour moi un moment fabuleux et inoubliable.
Cette expérience va me donner suffisamment d’assurance pour me lancer dans des aventures musicales diversifiées.
Comme je l’ai dit un peu plus haut, mon chemin croise à nouveau celui d’André ARDISSON, l’homme orchestre. Il a déjà formé un groupe nommé fort justement « Les ARDISSONETTES », composé de jeunes filles du Collège aux voix merveilleuses parfaitement entraînées, et qui l’accompagne dans ses activités musicales. Ce sera entre nous une longue et riche collaboration qui va durer jusqu’à son départ de la Réunion, en 1982.
Nous nous retouvons à l’Ecole Normale à l’invitation D’Annick ROUSSEAU pour la soirée veillée version 1976, au cours de laquelle je chante pour la première fois « La Fille du Nord », tube de Bob DYLAN adapté en français par Hugues AUFRAY.
Dans la foulée, nous répondons présents à la fête de fin d’année de l’Ecole LEVAVASSEUR à Saint-Denis, pour quelques chansons dont « la Ballade de McDonald » de Jean-Michel CARADEC.
Nous participons ensuite au spectacle « Au cabaret ce soir », où des artistes de toute l’Île viennent se produire sur la scène de la MJC de Saint-Pierre. Daniel FROMENT, véritable barde chantant, à la voix si savoureuse, se démène comme un beau diable pour faire de ces soirées des rendez-vous à ne pas manquer. Pari réussi puisque c’est salle comble à chaque fois. Pour ma première invitation, j’ai chanté » Sébastien, Bruno et Benoît » de Jean HUMENRY, deux chansons de Frédérik MEY dont le titre « Tyrannie », et « Le sabre et le goupillon » de FERRAT.
J ‘ai aussi accompagné Daniel FROMENT pour un vibrant hommage à BRASSENS(une dizaine de chansons) . Et puis ce fût un hommage à FERRAT lors de la soirée suivante, pour lequel Daniel et moi nous avons interprété à tour de rôle une bonne dizaine de chansons. J’ai pris beaucoup de plaisir aussi à accompagner à la guitare Gilberte MARY, une amie de Daniel, dans ses interprétations très réussies de certains textes d’Anne SYLVESTRE.
Les petits plats ont été mis dans les grands pour la soirée finale organisée chez « Tit BARBE » dont l’établissement reste une référence pour les danseurs de toute l’île, plus particulièrement ceux du Sud. Je retrouve ce jour là Jules BENARD, journaliste connu et musicien hors pair, que j’avais perdu de vue depuis quelques années déjà. Il me fait l’honneur de m’accompagner pour deux chansons, et pendant qu’il gratifie le public de quelques phrasés guitaristiques chiadés à souhait, j’interprète »Mai 68″, une chanson de Jean-Michel CARADEC et à nouveau « Tyrannie » de F. MEY.
Ainsi prend fin la première saison de spectacles » Au cabaret ce soir »; il n’y en aura pas d’autre.
1978. Place désormais au « Petit café », une émission de télévision qui propose chaque mois un plateau d’artistes qui interprètent leurs propres chansons. Je commence donc à écrire les miennes… et à les interpréter.







